Lettre ouverte au Roi Albert II de Belgique

Sire,

J’ai l’honneur de solliciter votre bienveillance pour vous faire part d’un soucis vis-à-vis de l’état des choses actuelles,

Tout d’abord, sachez que je suis de 93, et que par conséquent je suis un pur enfant de votre règne, un vrai enfant d’Albert II. J’ai toujours porté un grand respect pour les personnages politiques, religieux, militaires et royaux. Mais là, cela en est trop !

Depuis les dernières élections, un relent de nationalisme s’est emparé du pays. Et plus particulièrement du nord de la Belgique. Un relent qui, à mes yeux, pue la déjection humaine, et ce jusqu’aux frontières les plus lointaines de la Mère Europe. Vous n’êtes pas sans savoir, j’en suis certain, que ces jeunes blancs-becs n’ont aucun respect pour vous, ainsi que pour le royaume tout entier. Bien sûr, je ne demande pas un respect mortel avec salut au drapeau et fidélité à la Belgique jusqu’à la mort, mais je demande un minimum de considération. Nous ne pouvons pas demander, à notre époque, une fidélité à un roi comme jadis au Moyen-âge. Empêcher cette putréfaction nationalo-extrémiste en reviendrait à les empêcher de s’exprimer, et donc nous tomberions dans une dictature.

Mais sauf votre respect, Sire, la Belgique arrive à un point de non retour. Et sur l’échiquier politico-merdique belge il y a un pion qui fait office de roi. Cet homme qui n’est ni sorti de la cuisse de Jupiter ni de la maison des Saxe-Cobourg et Gotha aimerait se prendre pour vous. Il est jaloux. Jaloux de votre luxe, mais aussi de votre position. En effet, de tous les rois, vous êtes certainement le plus symbolique et le plus unificateur de tous[1]. Ce faux « roi » n’est autre qu’un vulgaire pion populiste qui, comme les plus grands dictateurs, sait rameuter les foules. Je parle évidemment, vous l’avez sûrement deviné, de Bart de Wever. Ou plutôt, de Goering. Blague dans le coin, ne trouvez-vous pas la ressemblance frappante ? Cet homme mauvais sait jouer avec la foule pour la ramener à son avantage. Il fait le chaton avec les Wallons et joue les sauveurs de la Nation avec les Flamands. Mais dans le fond, je suis certain que peu de personnes le suivent vraiment. Ce nazi nationaliste s’en prend à notre Belgique chérie. À votre Belgique ! Sous des prétextes pacifiques, il arrive à faire converger les avis pour les tourner à son avantage politique. En d’autres mots, il agit comme les dictateurs qui ont souillé notre monde et notre histoire. Je ne citerai pas d’exemples. Honnêtement Sire, j’ai peur. Peur d’avoir un jour à porter un coq rouge sur la poitrine dans un camp de concentration Anversois. Peur d’un génocide approchant à grands pas. Peur de la haine que les nationalistes jettent comme des coups de fouets sur notre peuple. Peur d’avoir un jour à vivre la séparation de l’état où réside le plus brave des peuples. Pas étonnant que le frère de Bart s’appelle Adolf…

J’ai moi-même de la famille en Flandre, et ils sont aimables. Bien sûr ma famille ne représente pas une totalité de la population. Mais à chaque fois que je me déplace à Bruxelles ou en Flandre je n’ai jamais reçu d’injures ou de réflexions. Certes je ne parle pas le néerlandais, et j’en suis gêné. Mais je suis certain, profondément certain, que l’entente n’est pas si difficile. Belgique est, aux yeux de la Mère Europe, synonyme de « paysans » qui ne savent pas s’entendre dans un mouchoir de poche. Avouez quand-même que votre pays, notre pays, celui de nos ancêtres, part en sucette ! Et vous laissez-faire ?! Vous avez le pouvoir de réunir les troupes, contrairement à votre fils qui, malheureusement, est moins médiatisé. Alors agissez bon sang ! Je vous en prie, faites quelque chose !

L’année passée, mon prof d’histoire m’a ennuyé pendant un an avec la révolution Française. Certes la révolution de la France est un tournant dans l’histoire de l’Europe. Il faut l’apprendre. Mais j’ai été offusqué par le fait qu’on n’apprenne pas la révolution Belge de 1830. Avouez, Sire, que les Belges n’ont pas de valeurs historiques ! De plus, il y a une centaine d’années, les Flamands subissaient une oppression Wallonne (économico-sociale). Mais aujourd’hui, la tendance à tournée, et ce sont nous, les Wallons, les « boulets ». Mais n’est-ce pas magnifique une région qui puisse relever la tête hors de l’eau grâce à un fidèle comparse ? L’un peut subvenir et aider l’autre. Bien sûr c’est frustrant pour le plus puissant des deux partis, mais les tendances tournent par cycle. Ne comptons pas les erreurs, ni le budget, vivons ensemble, quand on aime, on ne compte pas. Notre devise n’est-elle pas « L’union fait la force » ?

Je ne suis pas Wallon, même si je comprends quelques expressions. Je ne suis pas flamand. Je ne suis pas Européen, même si je parle 3 des langues principales. Je ne suis pas Allemand, ni Germanophone. Malgré le fait que je puisse parler l’allemand. Je suis Belge, Sire. Un enfant de la Belgique. Tous ces nationalistes m’énervent et m’écœurent. Ces gens sans culture ne savent certainement pas ce qu’il s’est passé lorsque la Yougoslavie s’est séparée. Diviser pour mieux régner n’est pas la meilleure façon de tenir les rennes d’un pays, voyez l’Allemagne, jadis divisée par deux blocs. Je ne veux pas vivre de pareils soucis. Mais vu leur culture, qui ne dépasse pas le bout de leur nez, ou de leur bedaine pour certains, ils ne doivent pas savoir grand’ chose. De Wever possède une telle méchanceté en lui qu’il doit canaliser cette mauvaise énergie quelque part. Regardez les interviews. Sa rage pour les Wallons est telle qu’il devient tout rouge. Je déteste la haine et la xénophobie. Mais n’est-ce pas la voix du peuple ? Est-ce la voix du peuple de vouloir se déchirer dans un amas d’injures et de combats ? Je ne pense sincèrement pas, sinon nous serions déjà dans la rue en train de parader, armes aux mains ! Sire, notre peuple est frustré et perdu à cause de tout ce jeu politique. Nous sommes sujets à la manipulation populisto-nationalo-xénophobe et nous en perdons notre vraie valeur : l’union ! Nous sommes fais pour vivre ensemble, malgré la langue et la culture différente. Et je vous le promets, ce n’est pas un groupe d’extrémistes puant la gerbe qui détruira notre Nation, notre culture et notre monarchie !

Si vous prenez parti vous allez créer une certaine polémique chez certains. Certes, cette polémique peut être dangereuse pour la stabilité de l’état et de son peuple. Mais il faut aujourd’hui crever l’abcès, quitte à faire des dégâts. Donnez les clefs pour que le peuple les utilise enfin ! Agissez, prenez les rennes ! Je vous en supplie ! Rameutez la Belgique comme vous savez si bien le faire. Cette Belgique créée de toutes mains par vos ancêtres, nos ancêtres ! Cette Belgique que, vous et moi, aimons plus que tout. Cette Belgique, nous ne la lâcherons pas !

Je vous prie d’agréer, votre altesse, l’expression de mon respectueux souvenir.

Le Morse.

[1] Vous devez sûrement tenir de votre grand-père : Albert I, qui fut prédominant durant la première guerre mondiale.

 

Lire la lettre ouverte à tous les Belges

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Classé dans Histoire, Politique, Société

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