Toute la musique qu’on aime 2 : Le colobide royal

Je m’appelle Rémy Ranguin, je suis né le 5 octobre 1984 en Guadeloupe, je suis un chanteur de dancehall français. En 2011, trois de mes morceaux ont été au sommet des classements, je suis connu pour les titres Celui, Aurélie, et Toutes les nuits. Je suis… Je suis… Je suis ? Le colonel Reyel !

Dans cette chronique sur « toute la musique qu’on aime », j’ai décidé d’élucider le problème de ce jeune Guadeloupéen prêchant la bonne parole aux fifilles de 14 ans. Alors premièrement, je suis très déçu d’offrir cette chronique à ce jeune blanc-bec qui n’est en rien un musicien « qu’on aime ». Mais je trouve cependant judicieux d’exprimer le ressenti que l’on devrait tous avoir en écoutant ces morceaux.

Tout d’abord, la première étape à remplir pour un artiste est de trouver un nom : parfois politisé, parfois ironique, drôle, emblématique ou tout simplement sentimental, le pseudo est la première chose qui fait vendre. Passionné des frasques du colonel Mouammar Kadhafi, Rémy Ranguin décide d’endosser le machiavélique grade du colonel libyen. Honnêtement, je ne comprends pas son pseudo à tendance militaire, surtout dans un monde où l’on prône la paix entre les nations. Quoi que les Beatles avaient ironiquement nommé leur album « Sergent Pepper » pour démontrer l’absurdité de la guerre, certes. Mais je doute fort que le colonel Reyel ait la capacité intellectuelle de comprendre ce qu’est l’ironie. Trêve de plaisanterie, passons à la partie intellectuelle du travail : l’analyse des textes.

Note : le filet de bave à 1:50

Le morceau Celui est dans toutes les têtes. En effet, les radios nous bombardent de ce bide littéraire (qui devrait être mit sur le même pied d’égalité que Fruit de la passion de Frankie Vincent). Mais pourquoi tant de haine ? Pourquoi ?! Ce morceau est tout d’abord une éternelle redite musicale – déjà entendue, déjà reprise, déjà remixée. Ensuite, parce que le texte est un symbole de machisme. Si, si ! L’histoire parait désuète, mais lourde en symboles. Alors à première vue, le mec est « amoureux » d’une fille, mais cette fille est en couple. Bon si elle est en couple c’est qu’elle est bien avec son fiancé, non ? Soit, jusque-là, passons. L’artiste lui balance alors des belles paroles : « Aussitôt que le jour se lève / tu es dans ma tête / tu hantes mes pensées / je n’en sortirai pas inerte ». C’est mignon – j’essaye de me mettre dans la tête d’une gamine de quatorze ans. Jusque-là, nous pourrions penser à un titre de lover, un boys band raté comme il y en a eu tant. Mais ce morceau n’est pas une chanson d’amour en plus, loin de là, la suite des paroles fait démarquer ce tube de la lignée. Effectivement, frustré de ne pas avoir son amoureuse près de lui, il lui confie : « Au pire celui, qui partage ta nuit / passer quelques heures avec toi dans ce lit / je saurai prendre soin de toi / laisse-moi ma chance tu verras ». En gros, « bon ok t’es bien avec ton copain, mais si tu pouvais au moins venir ce soir dans mon lit pour baiser ça serait sympa » ! Alors attendez, la suite est tout aussi paradoxale : « Il faut que je l’exprime / un amour sincère dans un monde où le sexe prime / donc je cesse frime et t’exprime mon estime Girl ». Telle est l’invraisemblance du colonel, il reproche au monde actuel que le sexe passe avant tout alors qu’il dit quelques strophes auparavant qu’il veuille bien coïter avec sa tendre…

Personnellement, je trouve ces paroles indécentes dans une société où l’on prône l’égalité des sexes ! Cet artiste fait le marketing du machisme, de la femme-objet, mais aussi de la banalisation du sexe dans la relation amoureuse. Et dire que nos filles, nos sœurs, et tous les adolescents chantonnent ce message…

Non, mais ne partez pas ! La suite est encore mieux, on va analyser Aurélie ! Non, on ne va pas analyser la fille, mais plutôt le tube prêchant le dogme catholique chez tous les jeunes. Bon d’accord, j’exagère, mais pas tellement. L’artiste narre ici un épisode sociologique très lourd : l’avortement dans le milieu adolescent. Alors, voilà c’est l’histoire d’Aurélie, une adolescente qui tombe enceinte après une relation sexuelle avec son petit ami. Cependant, le petit ami en question ne veut pas assumer le rôle de père, il renie Aurélie, patati patata, et tout ce qui suit. Jusque-là, rien de bien choquant. Sauf qu’Aurélie décide de garder l’enfant, au grand damne de ses parents qui veulent l’avortement. Alors là on est dans un retour aux sources moyenâgeuses ! En substance, les parents – qui sont normalement plus âgés – conseillent à l’adolescente – qui est théoriquement plus jeune – d’avorter. N’est-ce pas le monde à l’envers ? Hier nos parents se battaient pour ce droit, aujourd’hui, on propose aux jeunes de le négliger. En d’autres mots, le colonel fait de la publicité antiavortement – et donc, prêche cette parole aux jeunes qui l’écoutent. De plus, cette chanson influence les jeunes filles de 16 ans sur l’impact d’une grossesse. Avec cette chanson, le colonel sous-entend que bon nombre de filles peuvent être mamans à 16 ans. Non, mais honnêtement, rare est la fille qui – à 16 ans – peut supporter la maturité et l’impact d’une grossesse sur son existence ? Enfin, ce texte banalise aussi la contraception : chez les jeunes, on peut avorter, donc la contraception on s’en branle ! Magnifique dans un monde où l’épidémie du sida fait des ravages.

Colonel Reyel n’est que l’ambassadeur d’une société qui recule. Nous devrions écouter plus souvent les musiques de nos grands-parents qui enseignaient des valeurs beaucoup plus ouvertes : la liberté d’expression, la liberté sexuelle, et j’en passe !

 Le Morse.

Toute la musique qu’on aime 1 : Un autiste nommé « Pink »

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