DSK libre ! Bah non…

Mardi dernier, le juge a classé l’affaire DSK. Suite et fin d’une saga ayant littéralement volé l’audience de Secret Story & couvert le petit battage médiatique de Breivik en Norvège. Mais aujourd’hui, le temps est à la fête ! Enfin, nous pouvons scander haut et fort : DSK libre ! Ce qui n’est pas encore possible pour la Syrie, la Libye, la Corée du Nord, le Tibet, la Corse, la Flandre belge et le Somaliland, soit, ça n’intéresse personne ; continuons à épiloguer sur le scandale sexuel d’un des hommes les plus puissants de la planète. Car – depuis la nuit des temps – l’opinion publique est passionnée par les scandales sexuels. Rappelons-nous de l’affaire Bill Clinton, ce dernier s’était amouraché de sa secrétaire, Monica. Le président américain avait certainement confondu bureau ovale et bureau oral, il ne s’en est pas plaint. Dans la continuité des grands scandales, il y a les escapades chevaleresques d’un président italien surnommé le Cavaliere. Mais les dérapages dus à l’acte de plaisir charnel ne s’arrêtent pas à la politique. Non pas du tout ! Il suffit de se remémorer la saga « Ribéry ». Lorsqu’il avait âprement violé une gamine de dix-sept ans et neuf mois nommée Zahia.

Les réfractaires de la modernité diront que ces histoires sordides sont dues à l’extrême médiatisation de la vie sexuelle. Dans un sens, c’est vrai ; la pornographie gratuite est banalisée et le nu intégral devient populaire au sein des publicités et médias en tous genres. Cela dit, le scandale sexuel n’est pas d’hier. Bah non ! Il n’est pas nécessaire de citer les nombreuses conquêtes qu’avaient les rois et les Dieux mythologiques. Il n’est pas non plus nécessaire de citer les innombrables déviances sexuelles qu’avaient les papes du Moyen-Age.

Tiens ! Nous y voilà, parlons un peu de la religion catholique. Ce concept livresque est lui-même fondé sur ce qui est certainement le plus grand scandale sexuel de toute l’histoire de l’Humanité. Joseph, aimable charpentier, fou amoureux de sa femme Marie, aimerait lui faire un enfant. Mais Marie, odieuse catin insatisfaite sexuellement, satisfait ses envies avec un certain Gabriel. Ce dernier, rusé comme un renard, lui explique qu’il est envoyé par le Seigneur pour qu’elle mette au monde son Fils : Jésus. Je ne sais pas si Marie était réellement infidèle ou crédule comme Candide, mais elle a cru Gabriel… Imaginez la tête de Joseph quand sa femme lui explique qu’elle a reçu l’enfant du Seigneur par un mec qui se prend pour un ange ! Pauvre Joseph, il ne devait pas être heureux. Il était contraint à élever un enfant qui n’était pas le sien, avec une femme qui l’avait trompé, tout en subissant la pression médiatique créée par l’édition d’un livre le concernant : la Bible.

Je ne suis pas là pour critiquer le dogme catholique, non ! Je ne suis pas là non plus pour comparer DSK à l’ange Gabriel. Je me demande cependant si j’aurais un succès semblable à la Bible si j’écrivais un récit sur DSK… Je vois déjà l’histoire : DSK dit qu’il porte en lui la semence d’une grenouille sacrée et demande à Nafissatou Dialo de devenir la mère de cet auguste amphibien. Celle-ci accepte. Fier de son coup, DSK rentre en France et convainc Tristane Banon – romancière et journaliste – de porter en elle la semence d’un canard sacré – qu’il porte en lui. Enfer et damnations ! La journaliste avait déjà entendu parler de son mensonge, de plus, il s’était trompé et avait confondu un canard avec une grenouille… L’histoire se termine en bain de sang et mon récit devient le livre le plus lu au monde. Des fidèles commencent à prier les grenouilles et encensent Kermit du Muppet’s Show. La suite est connue, certains fidèles sont adeptes à la rainette, d’autres aux crapauds ; et c’est le schisme. Les guerres, les massacres et les injustices suivront.

Pour en revenir au monde moderne, juste, inexorable et indogmisé ; l’opinion publique est en manque de justice. En effet, il suffit de voir les nombreux procès qui furent médiatisés lors de ces dernières années – et je ne parle pas des séries télévisées qui mettent en scène procureurs, avocats, juges et jurés… Tout a commencé – à mon sens – en 1945, quand le procès de Nuremberg juge les hauts dignitaires nazis de crimes contre l’Humanité, crimes de guerre et crimes contre la paix. Ceci était bien évidemment cohérent et adéquat, mais la médiatisation de la justice commence très certainement avec Nuremberg. Ensuite, ce fut une suite incalculable de procès médiatisés tels que : Adolf Eichmann (Israël – 1961), Klaus Barbie (France – 1987), OJ Simpson (Etats-Unis – 1994), Bill Clinton (Etats-Unis – 1999), Marc Dutroux (Belgique – 2004) Michael Jackson (Etats-Unis – 2005) et Michel Fourniret (France – 2008). Les gens aiment pointer du doigt un accusé qui est vu comme le « méchant », le « vilain » de l’histoire, le « monstre » local. Ce qui n’est pas juste, c’est la pression médiatique et populaire qu’il y a autour de ces jugements. L’opinion publique sait ce qu’elle veut, et décision judiciaire ou non, il y aura protestation. Mais pourquoi ? Car les gens s’improvisent juges et jurés, ils jugent un homme sur les informations opaques traitées dans les journaux. La justice ne se doit pas d’être médiatique, elle ne doit cependant pas être censurée pour autant, mais l’opinion publique ne peut en aucun cas émettre un avis sur une décision de justice. Le système judiciaire est assez clair pour ça, il y a l’appel et la cassation en cas de contestation d’un jugement. Nous l’avons très bien perçu avec l’affaire de Michelle Martin qui devait être libérée sous condition, mais qui dut aussi faire face à une énorme pression populaire. Aujourd’hui, l’affaire DSK a fait couler beaucoup d’encre : elle a honteusement humilié un homme, et sa femme, et soulevé d’autres scandales le concernant, qui relèvent certainement du fantasme. Aujourd’hui, Dominique Strauss-Kahn n’est plus l’ancien patron du FMI, mais le « gars qui a été jugé pour viol aux États-Unis ». Malgré le jugement, il portera à jamais cette image, tout comme d’autres – condamnés ou non – porteront l’image stéréotypée provoquée par un jugement médiatisé.

Le Morse.

Source de l’image.

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Classé dans DSK, Politique, Société

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