L’antisémitisme n’est pas mort

Hier, alors que je sortais d’un bâtiment universitaire, un vieillard propre sur lui me demande son chemin. Dans un élan de bonté – et avec grand plaisir –, je lui montre le fameux auditoire qu’il recherche. Nous traversons le dédale presque infini de couloirs nous séparant de notre quête. Était-ce la curiosité ou la politesse qui me fit demander à ce vieillard ce qu’il faisait à cette heure si tardive à l’université, je ne sais pas ! Tant et si bien qu’il me répondit avec sympathie et honnêteté : « Il y a une conférence, et je suis déjà en retard ». Je presse le pas et réengage la conversation en demandant – sans indiscrétions – de quel sujet débattait-on dans cette conférence. Le vieillard regarda sa montre et répondit : « La Palestine ». Soudain, toutes les revues d’actualité s’apparaissent à mes yeux : la demande de reconnaissance de l’État palestinien, les arrogances de Netanyahu ou plus anciennement la flottille pour Gaza. Je ne sais pas pourquoi je lui ai répondu que j’étais juif : par provocation ? Ou plutôt par défi, qu’allait-il répondre à cela ? Rien ! Le néant, il restait pensif et continuait à me suivre. Arrivé à bon port, je lui sers la main et en guise de remerciement il me dit : « C’est parfois la victime qui devient le bourreau ».

Phrase à méditer. Il n’était pas incorrect qu’il me visait. Mais bref, pour analyser cette pensée, il faut d’abord la scinder en deux : les Juifs seraient donc victimes, et bourreaux. Je n’aime pas de rappeler l’éternelle victimisation du peuple juif. Mais elle est maintenant rentrée dans l’Histoire, et comme toutes histoires ; elle est souvent oubliée. Pourquoi le Juif est-il la victime de tous les peuples, de tous les ordres établis ? C’est simple, notre culture, notre façon de vivre, est un exemple de démocratie (comme le disait si bien Herbert Pagani). Nous sommes les premiers à introduire le Shabbat, jour de repos hebdomadaire obligatoire ; imaginez la joie des Pharaons – bâtisseurs de pyramides… Le Judaïsme interdit aussi l’esclavage et le sacrifice ; grandement pratiqué par l’envahisseur romain. Enfin, Dieu ne possède pas la seule vérité, on peut discuter et débattre avec Lui. Nous Lui sommes fidèles, mais insoumis. Chose contraire aux valeurs des papes du Moyen-Âge et leurs inquisiteurs voulant imposer leur dogme fermé et archaïque au monde entier. Depuis bien avant la présupposée naissance de leur pseudo-Christ, l’antisémitisme est ancré dans la culture catholique – oserai-je dire la culture universelle ?

Alors oui monsieur, nous sommes des victimes ! Et ce bien avant les chambres à gaz. Auschwitz n’est que le paroxysme de la haine antisémite. Les déportations romaines, l’exil égyptien, les ghettos, l’inquisition et l’affaire Dreyfus ne sont que des preuves parmi tant d’autres de cet antisémitisme enraciné aujourd’hui dans la culture.  Il est extrêmement triste de dire que nous avons dû attendre l’avènement du Nazisme pour voir la création de notre propre État, promis par Dieu depuis cinq-mille ans et par les puissances internationales depuis mil neuf cent dix-sept ! Mais dans l’immédiat après-guerre ; nous l’avions ! Le cri sioniste : « L’an prochain à Jérusalem ! » était périmé et nous étions dans la ville sainte en chantant l’espoir de Hatikva ! La victime universelle était enfin reconnue.

Mais petit à petit, l’Israël est redevenu le bouc-émissaire du monde. Non dans un sens archaïque, c’est-à-dire des insinuations au complot judéo-maçonnique ou encore le soi-disant assassinat de Jésus-Christ, mais plutôt dans une toute nouvelle forme d’antisémitisme : l’antisionisme.

Camarades humains, antisémites ou non, je voudrais vous dire que le sionisme n’est en rien du racisme ou de la haine ! Non ! C’est un cri d’espoir de tout un peuple pour avoir son État, sa reconnaissance internationale et – surtout – la paix universelle ! Alors ainsi nous sommes des bourreaux ? Laissez-moi rire… Nous imposons notre culture à d’autres peuples soumis ? Non ! J’aimerais d’abord marquer l’impasse entre Israël et le Judaïsme : ce qu’il se passe dans les hautes sphères n’est en aucun cas la voix du peuple hébreu ! Certes, nous supportons Israël car c’est notre seule et unique accroche terrestre dans ce bas monde, mais toutes volontés de Tsahal ne sont pas particulièrement les volontés du peuple juif… Pensez-vous que la religion prônant depuis cinq mille ans la paix et l’égalité voudrait imposer ce qu’elle a vécu toutes ces années à un autre ?

Soit, si nous sommes des bourreaux : montrez-moi où sont les déportations que Tsahal fait subir aux Arabes ? Où sont les ghettos palestiniens ? Les chambres à gaz israéliennes de Tel-Aviv et leurs fours crématoires ? … Vous ne pourriez me les énoncer, car ils n’existent pas ! Jamais Israël n’a fait subir autant de mal que ce qu’elle n’a vécu. Certes, il y a eu des guerres, des batailles et des discussions au sujet de la terre. Mais que pouvons-nous faire avec des sociétés ne voulant vivre côtes à côtes en paix avec des juifs ? Israël est un îlot de démocratie dans un océan de dictatures.

Alors ainsi nous sommes des bourreaux… Dites-moi qui a attaqué Israël le jour de Yom-Kippour ? Jour du pardon et de paix chez les Juifs. Cette attaque infâme n’était en rien la volonté d’Israël. Maintenant, parlez-moi de la flottille pour Gaza ! Cette attaque était légale et totalement méritée. Dans une situation de guerre, il est normal de réprimer les forceurs du blocus… Qu’aurait fait Kennedy si les navires soviétiques avaient forcé le blocus de Cuba ? Qu’aurait fait l’Union soviétique si on avait forcé le blocus de Berlin ? Il est en effet malheureux de voir que des hommes sont morts lors de tous ces conflits, mais la guerre est bel et bien là : il faut traiter avec. La mort de ces hommes fait partie du combat : a-t-on critiqué les belligérants pour le décès des soldats de Stalingrad ? Verdun ? Waterloo ? Marignan ? Hastings ?! Bien sûr, ces exemples sont dénués d’intérêts : les antagonistes n’étaient pas juifs.

Tout ça pour dire que certes, nous avons été les principales victimes des millénaires précédents. Mais en aucun cas nous ne sommes les bourreaux du monde moderne. La paix en Terre-Sainte ne sera réelle que lorsque les dictatures seront tombées pour faire place à des démocraties fraiches et intelligentes – capables de discuter ouvertement avec l’État hébreu. Car, ne l’oublions pas, Ismaël (ancêtres des arabes) et Isaac (ancêtre des Juifs) étaient demi-frères.

Ne m’en voulez pas alors si – comme Gainsbourg – je défends le sable et la terre d’Israël.

Le Morse.

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