Le réveil des sociétés


Chapitre I

L’histoire de la pensée humaine & l’oppression politique

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L’histoire de la pensée humaine est lunatique. Elle est comparable aux cycles du sommeil. Tout d’abord, la pensée est endormie, elle se laisse dominer par n’importe quelles instances, n’importe quelles religions, n’importe quelles pensées archaïques. Ensuite, le réveil est brutal ; la révolution, l’insurrection et le sang versé apparaissent sur l’étendard de l’Homme. L’Homme se réveille face à l’oppression, il agit pour la liberté, l’égalité et la destitution des pouvoirs primitifs. L’Homme n’hésite pas à bruler sa terre, tuer ses frères et arracher son patrimoine pour reprendre son autonomie et abattre l’asservissement établi. Enfin, l’éternelle paresse de l’Homme le rendort pour une période indéterminée. C’est dans ce second sommeil qu’il se fera ré-asservir par un ordre anciennement révolutionnaire, prônant les idées neuves de la révolte – à sa manière.

Il suffit de prendre plusieurs exemples dans notre histoire pour remarquer que cette théorie est vraie. La révolution russe de 1917 devait libérer le peuple de l’empire absolutiste des Tsars. Le peuple avait dormi pendant des années avant de mettre à bas le régime archaïque. L’Homme réveillé et révolté s’autogère pendant un certain temps. Mais son sommeil revient et l’idéal communiste est bafoué par les velléités d’un Staline autocrate. L’exemple est encore plus flagrant dans la révolution française : l’absolutisme des Louis, la révolution et enfin la Terreur et l’Empire. L’Homme ne peut s’apprêter à un avenir glorieux s’il s’endort sur ses acquis.

Chapitre II
L’asservissement religieux

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La réelle morale – pure et vertueuse – veut que chaque être humain soit engagé pour ne jamais se laisser asservir par les chiens de la dictature. Bien sûr, ces exemples sont politiques, mais la soumission est telle dans la religion. Les dogmes obligent l’Homme à s’agenouiller devant une entité suprême (oserais-je dire divagation suprême ?). Si l’Homme a créé la religion, c’était simplement pour échapper aux oppressions déjà présentes dans les sociétés primitives. Progressivement, les croyances sont devenues de façon extrêmement perverse de nouvelles formes d’asservissement et d’esclavage, mais surtout : de séparation.

La religion – contrairement à la philosophie – apporte des réponses préfabriquées à un Homme paresseux et endormi sur son sort. L’être humain ne veut plus réfléchir aux questions de société, ainsi qu’aux questions d’existence : il crée alors un dieu unique pour lui apporter cette réponse manufacturée. Simpliste et profiteuse d’esprits candides, la religion a asservi l’Homme plus que tout pouvoir politique. Partout où elle a imposé son joug – et son proxénétisme (pour cibler la chrétienté) – elle n’a apporté que la douleur et l’obscurantisme. Là où les révolutionnaires voulaient changer le monde, la religion a défraîchi la société et – par ailleurs – l’Homme. En somme, la religion est une nouvelle forme de domination au-delà de l’hégémonie politique des sociétés primitives.

Chapitre III
Les règles sociales

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Au-delà des oppressions politiques (légales) et religieuses, l’Homme a façonné une nouvelle manière de s’enchainer inconsciemment à l’arbre sous lequel il est né.  Au-delà de tout dogme, au-delà de toutes législations, au-delà de tout pouvoir centralisé ; l’Homme a créé la société. Non pas la société dans un sens de groupement d’individus, mais la société morale et éthique. Cette société qui oblige l’Homme à se prosterner devant des règles établies il y a des siècles, et dont la somme intégrale des moutons de Panurge suit de façon niaise et absurde.

L’Homme fait partie du règne animal – il est semblable au loup, à la marmotte, à l’aigle, au moineau, à la fourmi et à l’abeille. Ce qui différencie l’Homme de l’animal, c’est sa pensée. La pensée humaine l’a poussé à évoluer et à s’adapter aux prouesses technologiques dont il était l’instigateur. Cette révolution technologique – présente depuis la préhistoire mais grandement accentuée au 19e siècle – force la politique à s’adapter à cet essor technique. Ainsi, les régimes ; des plus farfelus aux plus accomplis, ont dû laisser place à une théorie absolue : le capitalisme. Aujourd’hui, les politiciens du monde entier – hormis quelques têtes brulées – ne voient pas d’autre impasse au capitalisme. Et pourtant, Marx avait offert au monde sa théorie, basée sur des études poussées en la matière : le marxisme (qui devint par la suite une amalgame entre communisme et socialisme). Mais le communisme, mal géré et non-maîtrisable en société de technocrates, tomba en désuétude.

Revenons donc à aujourd’hui. La société est divisée en trois classes sociales : la bourgeoisie, la classe-moyenne et les nécessiteux. Ajouté à cela, il y a les cerveaux – souvent bourgeois en raison du coût des études et du matériel –, et les travailleurs – généralement pauvres. Plus haut encore, il y a l’instance politique : l’Etat. L’Etat est censé nous représenter – dans la pensée idéaliste de la démocratie. Mais en réalité, il ne fait que de tirer son profit dans les taxes et les complications boursières. Au fait, pourquoi payons-nous des taxes ? Le premier imbécile (ou le premier mouton de Panurge) nous dira que c’est une loi ancestrale : nous payons nos taxes depuis la création du monde. C’est là que nous arrivons aux deux instances supérieures – presque divinatoires, mais extrêmement vicieuses : la religion et les lois sociales.

L’Homme moderne est persuadé que, pour qu’une société survive, il faut : une police, de l’argent, de la démocratie, un écart entre riches et pauvres, et j’en passe. Depuis toujours, l’autorité nous apprend à marcher droit, à respecter autrui, à adorer tel dieu, à pratiquer la démocratie, à laisser sa place dans le bus, à être galant (pour vous messiers), à aimer son mari (pour vous mesdames), … Je ne pourrais énumérer ici la liste incommensurable de règles sociales que l’autorité nous inculque depuis toujours. La preuve – vicieuse et perfide – se trouve dans nos vieux livres d’histoire. Effectivement, nous voyons les révolutionnaires, les ennemis de l’ordre, les anarchistes – qui plus est les antidémocrates –, comme des personnages vils et sans intérêts. Qui a retenu les idées majeures de Robespierre avant son incapacité à gouverner ? Qui a retenu l’idéal de Lénine et de Marx sans faire d’amalgame avec les goulags staliniens ? Qui a retenu le nom de Kropotkine ? Mieux encore, qui peut différencier l’anarchie de l’anomie ? (j’oubliais de dire que les livres d’histoire ne parlent jamais des anarchistes, sauf s’ils ont été crucifiés ou décapités). Cette censure des propos historiques dans notre éducation est créée par une loi sociale qui force tout Homme à respecter l’ordre. Nous sommes dans une tyrannie dissimulée, un régime autoritaire. Ce régime n’est pas contrôlé par un despote, mais par la société elle-même. Comme je me suis déjà expliqué, le système politique n’est que le premier stade de l’asservissement, le second est la religion et le troisième est la société. Nous sommes nous-mêmes les chiens d’une dictature que l’on combat.

Qui a oublié la célèbre phrase : Ni dieux, ni maitres !, scandée par les anarchistes depuis toujours ? Et je ne parle pas de groupes extrémistes, mais de réels penseurs prêts à démanteler l’Etat, les dogmes et les lois sociales pour créer une société parfaite : loin du capitalisme et du communisme.

Chapitre IV
Les lois sociales appliquées : le cas de la police et de la démocratie

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Les lois sociales sont des préjugés définis il y a des siècles par des penseurs. Nous suivons leur pensée car nous ne voyons pas en quoi la société serait stable sans eux. Je pose donc la question suivante : en quoi la police – par exemple – est-elle nécessaire à la société ? Vous, en tant que fidèle mouton de Panurge, vous répondrez : « Car elle protège le citoyen, et donc la société ». Cette réponse est fondamentalement vraie, et justifiée. Mais il est un problème que personne n’a jamais songé à relever : pourquoi le citoyen ne serait-il pas responsable de sa propre sécurité ? Mieux encore : pourquoi la société ne se sécuriserait pas d’elle-même autour d’une valeur universelle : la solidarité ? Cette question n’a jamais été soulevée – sauf par quelques groupuscules d’idéalistes – car elle pose problème dans notre société capitaliste : on ne peut être solidaire. La solidarité n’existe pas car les instances politiques et les religions séparent le peuple en groupes. Le capitalisme ne peut se baser sur la solidarité car il ignore le travailleur et voit l’Homme comme un chiffre dans l’engrenage politique et industriel ; il voit l’Homme comme un bien de consommation.

Enfin vient le problème de la démocratie. Je parle de problème car il fait aussi partie intégrante d’un des nombreux préjugés établis par les lois sociales. Aujourd’hui, qui oserait dire : « Je suis contre la démocratie » ? Ce personnage – bien courageux de prononcer une phrase si ignoble – serait pointé du doigt et lapidé sur la place publique pour ensuite être crucifié. La société moderne – capitaliste – ne tolère pas le fascisme. Or, qui a dit que le fascisme était la seule idéologie qui ne tolérait pas la démocratie ? La démocratie est un système de gouvernement où le pouvoir est exercé par le peuple[1]. Et donc, pour exercer une démocratie, encore faut-il avoir un gouvernement (un Etat central), qui plus est des règles pour le régir. Ces règles édictées ne peuvent qu’entraver automatiquement la liberté des uns. En d’autres termes, la démocratie n’est pas vertueuse car elle entrave la liberté du peuple au travers de règles politiques – si ce n’est religieuses et sociales.

Parlons maintenant de régimes connus n’adoptant pas la démocratie. Marx disait que la démocratie n’est que le stade ultime de jouissance vertueuse après la dictature du prolétariat. Marx avait raison, mais aujourd’hui encore, les pays socialistes attendent cette société communiste basée sur la démocratie. L’Homme semble coincé sur le stade « dictature du prolétariat », oserais-je dire « tyrannie de la bureaucratie » ? Pour exemplifier d’un propos déjà relevé, l’anarchie est contre toute forme de démocratie. L’anarchie n’est pas pour autant un régime autoritaire (contrairement au stalinisme), individualiste, inégalitaire (contrairement au capitalisme) et fasciste. La démocratie a besoin d’un Etat pour fonctionner. Or, l’anarchie bannit tout pouvoir supérieur. Est-elle pour autant non vertueuse ? La démocratie sous-entend l’égalité, mais ne la prône pas – et ne la prône jamais d’ailleurs (il suffit de voir les démocraties établies depuis l’antiquité). Pourtant, l’anarchie défend et soutient l’égalité et la liberté (« Ni dieux, ni maitres »). À comparer, choisiriez-vous un régime qui tend vers des théories qui n’ont jamais fonctionnées et qui ne fonctionneront certainement jamais (démocratie : marxisme, capitalisme) ou plutôt vers une théorie vierge, accomplie et – malheureusement – très méconnue ?

Les règles sociales diront que la démocratie prime car celle-ci est essentielle à la base de nos sociétés. Est-ce pour autant que les règles sociales sont véridiques ?[2]

Chapitre V
Le capitalisme

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Les préjugés des règles sociales sont la corne d’abondance des capitalistes ; ils y voient une bonne manière d’installer leur régime absolutiste. En effet, le capitalisme veut du profit économique – et donc de l’argent. Pour ce profit, il faut la privatisation – c’est-à-dire l’absence d’intervention de l’Etat dans l’économie (la « main invisible »). La privatisation amène la mondialisation et donc le chômage dans les pays industrialisés et riches (les entreprises privées sont tentées d’aller chercher la main d’œuvre et la matière première dans un endroit où elle est moins chère). Il ne faut pas être un génie pour comprendre que le capitalisme est basé sur la richesse d’une bourgeoisie dirigeant les pauvres – esclaves de leurs désirs possessifs.

Le capitalisme est le plus vicieux des régimes ; perfide et enclin à la parcimonie. Le capitalisme rend l’Homme impur, celui-ci se vête d’un châle d’intérêt et de cupidité dès qu’il entend les premiers balbutiements de ce système crasseux et élitiste. Le capitalisme pousse à la croissance, à la technocratie et à l’écart socio-économique entre la bourgeoisie et le prolétariat. Le capitalisme ne veut pas l’égalité car il a besoin de riches – supérieurs – pour survivre. Bien sûr, il va de pair que la bourgeoisie éminente soumette le prolétariat à ses règles, et c’est ainsi que fonctionne la société capitaliste : sur l’asservissement d’une caste à une autre. Ce système fonctionne à la façon d’un dogme : une caste dominée se soumet aux règles d’une supériorité divine. De grands économiques comme Sombart et Weber ont d’ailleurs évoqué la contingence entre capitalisme et religion.

L’inégalité de la société capitaliste pousse l’Homme à se réveiller et faire valoir son esprit laborieux pour faire tomber la société, ancrée dans nos cultures depuis déjà bien longtemps. Les disparités provoquées par ce régime ne peuvent que conduire à une insurrection. Encore faut-il que la pensée humaine se réveille de son lourd sommeil de plomb[3].

Chapitre VI
Le monde animal

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L’Homme fait partie du règne animal – il est semblable à l’abeille, au loup et à la fourmi. Il a su se différencier du règne animal par sa pensée – sa technologie –, et sa perte de solidarité. L’animal est l’être vivant le plus solidaire, que ce soit en société collectiviste,  de meutes ou anomique.

En société collectiviste, l’animal n’est qu’un maillon de la chaine du travail. Il accomplit les tâches édictées par une autorité et vit pour le bien-être de sa société. L’animal collectiviste par excellence est l’abeille. Celle-ci est gouvernée par un pouvoir central, la reine : souveraine des productions et de l’autorité. La reine est l’unique institution gouvernante, elle reproduit à elle-seule la société et garantit la production (en somme, le travail des travailleurs). Les travailleuses sont stériles, et donc inutiles au devenir de la société – si ce n’est qu’à l’extrême croissance de la production. Elles se soumettent à la reine et à la société. Pour elles, travailler est un besoin vital.

La société collectiviste des abeilles est comparable à trois régimes de production humaine : le fascisme, le stalinisme et le capitalisme. Ces trois régimes, extrêmement différents, se rejoignent sur la pensée de l’autorité. Premièrement, le fascisme est un régime totalitaire n’admettant qu’une seule autorité régnante : un tyran, un despote. Deuxièmement, le stalinisme est centraliste, il impose une centralisation des pouvoirs envers une institution choisie : le parti. Enfin, le capitalisme est démocrate, il demande cependant une recherche du profit et une maximisation du capital. Ce régime impose donc la gouvernance d’une caste : la bourgeoisie. Le tyran fasciste, le parti staliniste ou la bourgeoisie dans le système capitaliste sont toutes des formes d’autocrates ayant reçu le pouvoir par le système. Ces sociétés aliénantes ne voient l’Homme que comme un rouage éternellement recyclé : inutile au devenir de la société mais essentiel à la production. C’est ce qui les rapproche de la société collectiviste des abeilles.

En société de meutes, l’animal fait partie d’un groupe, il est solidaire et uni. La meute est dirigée par un mâle alpha, sage et vénéré. Le mâle est fidèle à sa femelle et ne se reproduit qu’en cas de nécessité. Par exemple, il ne prendra par le risque de se reproduire si la nourriture fait défaut. La meute est soudée et pratique presque toutes les actions vitales en groupe. Cependant, le loup doit assouvir ses pulsions agressives envers un semblable, on l’appelle le loup oméga. Ce loup est le bouc-émissaire, il est rejeté et sujet à des agressions fraternelles. Parfois, le loup oméga quitte la meute pour vivre en solitaire.

Aujourd’hui, il n’existe pas de sociétés humaines vivant à la façon du loup. Même si la société chrétienne tourne autour d’un chef désigné : Dieu, ou le Pape, nous ne pouvons qualifier la chrétienté de meute. En effet, celle-ci est soumise à la loi du chef et ne s’allie pas à lui pour contrer aux attaques extérieures. Par contre, la société targuie se rapproche particulièrement des meutes de loup. En effet, les Touareg se caractérisent par leur nomadisme et leur hiérarchisation complexe, très éloignée de nos hiérarchisations occidentales. Quoi qu’il en soit, les sociétés animales de meutes restent très primitives car – malgré leur solidarité – elles n’acceptent ni la différence ni la faiblesse.

Enfin, la société anomique est la société animale sans dirigeants ni règles établies, elle ne tient que face à la solidarité et l’entraide altruiste (raciale ou interraciale). L’anomie se distingue par l’absence de normes et d’organisations stables, la plupart des animaux issus de sociétés anomiques sont solitaires ou en groupes pour des rituels précis. L’exemple le plus concret est l’oiseau. L’oiseau est libre, il vit sa vie de famille et organise son existence selon ses envies et besoins. Il rejoint cependant un groupe lorsqu’il doit immigrer vers des contrées plus clémentes. De plus, malgré la liberté totale et l’isolement de l’oiseau, celui-ci n’hésite pas à appeler des confrères semblables pour partager les quelques miettes de pain trouvées dans un parc. Il ne se délecte pas seul d’un festin surabondant : l’oiseau est solidaire. Cependant, l’oiseau faible n’hésitera pas à s’allier à d’autres animaux faibles pour évincer une menace invincible.

Si l’Homme vivait comme l’oiseau, il n’y aurait plus de problèmes. Chaque être humain serait libre et insoumis. De plus, chaque citoyen de la société pourrait compter sur un semblable en cas de problème. À l’instar de l’oiseau, la vie du citoyen est solitaire mais certains rituels se font en société. Enfin, l’individu ne serait pas intéressé par un plaisir individuel (le festin), mais il le partagerait tout en avertissant les plus faibles. Il n’est pas nécessaire de vous cacher que cette société est la société anarchique. Rarement mise en place, la société anarchique fait peur. Pourquoi ? Car la liberté est un concept réclamé mais repoussant. Le problème est l’éternel amalgame entre anomie et anarchie. L’anomie est animale, elle se caractérise par le manque de règles et de normes – ainsi que de solidarité si elle est utilisée chez l’Homme. L’anomie est la loi de la jungle, du Far-west : du plus fort. Au contraire, l’anarchie est la liberté conditionnée au travers de la solidarité, de l’altruisme, de l’entraide et de l’amour entre les citoyens. « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l’on te fasse », cette maxime est plus que judicieuse : le citoyen ne doit pas faire une action capable de le gêner si elle lui est encourue. Mais en contrepartie, il doit faire ce qu’il aimerait qu’on lui fasse – principalement le bien. Ce précepte lie aussi tous les citoyens de la société entrent eux et les vouent à un avenir solidaire et vertueux.

Conclusion


La lutte finale

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L’Homme est aujourd’hui dans la plus grande phase de son sommeil. Ce qu’il faut, c’est un réveil de sa pensée : une motivation qui le pousse à affirmer sa liberté et surtout sa force sur le système. Il ne faut pas oublier que l’Etat est au service du citoyen, et que la masse unifiée d’un peuple peut faire changer le système en place. Ce que je demande, ce n’est pas l’instauration d’un régime anarchiste, qui – je le sais – ne pourra fonctionner directement après les stigmates que le capitalisme a infligés à notre société. Mais une nouvelle ère capable de diriger les hommes autour de valeurs réelles : la liberté et la vertu.

Il faut que l’Homme se réveille. Il faut que l’Homme boute à terre l’asservissement que le système lui inflige. Aujourd’hui, certains groupes minoritaires tentent de le renverser, mais ils ne sont que des gouttes de démocratie dans cet océan de tyrannie. Ce qu’il fait, c’est une unification des peuples, des sociétés, des nations et – surtout – des religions pour chasser le despotisme, la tyrannie, l’absolutisme, en somme : le capitalisme. Il ne faut pas être un génie pour comprendre que la société arrive à son crépuscule, ce qu’il faut, c’est une renaissance.

Si vous ne voyez pas les problèmes actuels, c’est que vous êtes un aveugle en pleine nuit. Tout d’abord, il y a les banques, le marché, les multinationales, qui dirigent notre société – et nos portefeuilles – d’une main invisible. Nous sommes les pantins du capitalisme, les riches s’enrichissent tandis que les pauvres se paupérisent. Et ceci n’est que le début d’une longue chute de dominos. Premièrement, le rachat des dettes nationales par des nations plus riches (Chine, Brésil, pour ne pas les citer) – ceci est le recommencement d’une ère coloniale, non basée sur le territoire mais sur l’économie. Ensuite, la montée en flèche de la criminalité, qui découle des crises monétaires et de la valeur que l’argent a prise dans nos vies. L’argent est tellement devenu essentiel qu’il faudra bientôt un lingot d’or pour manger et se soigner. Je suis certain que certains êtres humains refusent aujourd’hui de se soigner – crise économique oblige. Bref, je ne citerai pas le nombre de problèmes présents dans cette société d’aliénés. L’Homme, le citoyen, l’individu, l’être humain : toi ! Lecteur ! Vous êtes endormis, réveillez-vous !

Alors aujourd’hui camarades, je vous demande de vous soulever contre le système et crier votre colère au monde entier. Soulevez-vous, détruisez tout et lavez votre terre. Nettoyez le sol par l’incendie. Purifiez la société par le sang des porcs. Tournez la page de cette ère injuste et destructrice. Insurrections. Séditions. Emeutes. Révolution ! Unifiez-vous pour ce combat, pour cette dernière lutte. Pour cette lutte finale ! Sociétés, réveillez-vous !

Appendice

Le fascisme pour une liberté totale

La pensée humaine étant lunatique, il est nécessaire à l’Homme de se réveiller pour bouter les oppressions archaïques. Cependant, dans la société actuelle, les possessions et la montée inéluctable de l’argent en puissance font de l’Homme une loque endormie sur son sort. La race humaine ne se réveillera pas avec le libéralisme car l’oppression capitaliste est dissimulée et – bien sûr – malicieuse. Cependant, le capitalisme mène au fascisme. En effet, la valorisation de l’argent et des possessions mène à un renforcement de la lutte des classes : les riches s’enrichissent et les pauvres se paupérisent. Les riches s’enferment alors derrière leur monde de faste et demandent de plus en plus de sécurité. En contrepartie, les pauvres meurent de faim : les tensions, la violence et l’immigration augmentent. Les riches – soucieux de cette recrudescence de la violence, demandent de la sécurité : ils se tournent vers des idées prônant la confiance envers un leader ou une idéologie : ce sont des partis fascistes. De l’autre côté, les pauvres tombent dans des idées qui leurs permettent d’être entendus et respectés – même si le leader ayant la confiance des pauvres ne change rien à leur environnement : ils seront écoutés et heureux[1]. Ces idées sont très souvent gauchistes.

Les pauvres sont très pauvres, les riches sont très riches, le sentiment de sécurité est en forte baisse et les partis extrémistes montent en flèche : voilà à quoi ressemble l’avant-révolution dans le monde occidental[2]. Cependant, on ne peut réveiller la pensée humaine sans la brusquer. Ce qu’il faut, c’est un élément déclencheur qui pousse l’Homme à se lever et à faire la révolution. Mais contrairement à l’absolutisme qu’avaient les russes en 1917 et les français en 1789, le capitalisme moderne dissimule les oppressions et empêche l’Homme de les voir correctement. Cette dissimulation perverse entraine un refus constant de révolte car – selon le citoyen : la société est démocratique et le monde ne va pas si mal. Ce qu’il faut à l’Homme : c’est une dictature fasciste. En faisant divaguer le système politique vers un système tyrannique et dictatorial, l’Homme va comprendre que sa liberté est conditionnée au travers d’un système pervers et dangereux. C’est avec la dictature fasciste[3] que la pensée humaine se réveillera et que la société pourra bouger vers une ataraxie de bonheur.

Le Morse.

[1] TLF.

[2] Si vous êtes sceptiques, relisez le chapitre IV.

[3] Voir la conclusion.

 


[1] Selon Elton Mayo, pour qu’un ouvrier soit heureux au travail, il faut qu’il se sente écouté. L’individu doit se sentir intéressant, même si l’on ne change rien à son environnement : son bonheur augmentera.

[2] Je parle ici de monde occidental car le monde oriental fonctionne plus sur des dogmes et des croyances : ce qui change le mode de fonctionnement des sujets.

[3] Marx parlait de « dictature du prolétariat » avant de connaître l’ataraxie communiste.

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