C’est la justice qui a enfanté Nordine !

Il n’est pas nécessaire de rappeler les faits de ce mardi dernier ; une poignée de morts, une petite centaine de blessés et une cité choquée des faits. Une ville choquée, qui n’arrive pas à se remettre de ce drame qui fit couler du sang sur le sol encore festif de la cité ardente. Alors que certains se recueillent sur le lieu du massacre, d’autres pointent du doigt les grandes institutions.

Tout d’abord, je tire ma révérence et adresse mes sincères condoléances aux familles et proches des victimes[1] – rien qu’à eux.

Nordine Amrani était sous liberté conditionnelle lors des faits : il avait l’angoisse de retourner en prison. C’est vrai, lorsqu’on a peur, il est très souvent coutume de sortir avec un FN FAL, une grenade et une demi-douzaine de recharges pour tirer sur une foule innocente. Mais notre cher Nordine était faible, il avait peur de retourner en prison, il avait peur de toucher à nouveau à l’enfer de l’incarcération et de la captivité.

Pour élucider l’entière énigme de ce fait social, il serait raisonnable de rappeler le lourd passé de l’assassin : vente de stupéfiants, détention d’armes, recel et de nombreuses affaires de mœurs. Nordine était un grand ami des juges, ceux-ci prenaient d’ailleurs un malin plaisir à le remettre en détention après chaque récidive. Sauf qu’un jour, Nordine eut marre de retourner entre les quatre murs de l’incarcération, il savait pertinemment bien qu’il ne changerait pas, et que la prison ne le changerait pas. Il prit son destin en main, son FAL aussi, et commit l’irréparable.

Alors que les fascistes prônent l’insécurité et sa pseudo-race, d’autres divaguent dans des débats pacifiques, criant aux stéréotypes et aux injustices, insultant les adversaires de racistes. Ô insulte suprême de la société moderne. Quant à la justice occidentale, elle crie au fait isolé. Mais il existe dans les prisons des centaines de milliers de Nordine – tous prêts à commettre l’irréparable. Tous frustrés d’un système qui ne veut pas les changer mais les cacher : les isoler.

Il faut savoir que l’Homme est bon, il ne nait pas criminel mais le devient. Nordine n’est que le prophète d’un fait social avéré : la justice inutile et totalitaire. Aujourd’hui, ce sont des poignées d’hommes bardés de diplômes qui se permettent de juger un semblable. La justice ne fait que d’assurer la transition entre la liberté et la détention : elle détruit une vie en un claquement de doigts. Après son jugement, le prisonnier n’a rien d’autre qu’à attendre, attendre, et encore attendre dans un ennui infini. Certes, la prison est peut-être dotée d’un luxe que les geôles de l’Ancien Régime n’avaient pas, mais la privation de liberté est identique – et fait autant de ravages. Ce qu’il faut, ce n’est pas une prison aliénante où la haine n’est que conservée voir augmentée. Non ! Ce qu’il faut, c’est un encadrement ! Il ne faut pas enfermer les hommes qui s’écartent des règles, mais il faut justement les ouvrir à la société. Soigner les malades, ouvrir les prisonniers, faire changer le sujet pour qu’il redevienne vertueux et bon comme à sa naissance.

Les prisons ne sont pas la solution, regardez ce qu’il s’est passé Mardi ! Les prisons sont bonnes pour les fascismes ! Et moi, qui vous regarde du haut de ma colline, je rigole de vous voir crier à l’insécurité et à la pseudo-race de Nordine. Je ris à pleurer, d’ici, je me dis que vous n’avez encore rien compris à la société : continuez à enfermer vos frères et à renforcer leur haine envers la société, vous avez raison. Mais alors, continuez aussi à enterrer vos enfants.


[1] Rien qu’à eux, je ne parle pas des hypocrites qui profitent du moment pour se montrer par pure démagogie.

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Le réveil des sociétés


Chapitre I

L’histoire de la pensée humaine & l’oppression politique

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L’histoire de la pensée humaine est lunatique. Elle est comparable aux cycles du sommeil. Tout d’abord, la pensée est endormie, elle se laisse dominer par n’importe quelles instances, n’importe quelles religions, n’importe quelles pensées archaïques. Ensuite, le réveil est brutal ; la révolution, l’insurrection et le sang versé apparaissent sur l’étendard de l’Homme. L’Homme se réveille face à l’oppression, il agit pour la liberté, l’égalité et la destitution des pouvoirs primitifs. L’Homme n’hésite pas à bruler sa terre, tuer ses frères et arracher son patrimoine pour reprendre son autonomie et abattre l’asservissement établi. Enfin, l’éternelle paresse de l’Homme le rendort pour une période indéterminée. C’est dans ce second sommeil qu’il se fera ré-asservir par un ordre anciennement révolutionnaire, prônant les idées neuves de la révolte – à sa manière.

Il suffit de prendre plusieurs exemples dans notre histoire pour remarquer que cette théorie est vraie. La révolution russe de 1917 devait libérer le peuple de l’empire absolutiste des Tsars. Le peuple avait dormi pendant des années avant de mettre à bas le régime archaïque. L’Homme réveillé et révolté s’autogère pendant un certain temps. Mais son sommeil revient et l’idéal communiste est bafoué par les velléités d’un Staline autocrate. L’exemple est encore plus flagrant dans la révolution française : l’absolutisme des Louis, la révolution et enfin la Terreur et l’Empire. L’Homme ne peut s’apprêter à un avenir glorieux s’il s’endort sur ses acquis.

Chapitre II
L’asservissement religieux

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La réelle morale – pure et vertueuse – veut que chaque être humain soit engagé pour ne jamais se laisser asservir par les chiens de la dictature. Bien sûr, ces exemples sont politiques, mais la soumission est telle dans la religion. Les dogmes obligent l’Homme à s’agenouiller devant une entité suprême (oserais-je dire divagation suprême ?). Si l’Homme a créé la religion, c’était simplement pour échapper aux oppressions déjà présentes dans les sociétés primitives. Progressivement, les croyances sont devenues de façon extrêmement perverse de nouvelles formes d’asservissement et d’esclavage, mais surtout : de séparation.

La religion – contrairement à la philosophie – apporte des réponses préfabriquées à un Homme paresseux et endormi sur son sort. L’être humain ne veut plus réfléchir aux questions de société, ainsi qu’aux questions d’existence : il crée alors un dieu unique pour lui apporter cette réponse manufacturée. Simpliste et profiteuse d’esprits candides, la religion a asservi l’Homme plus que tout pouvoir politique. Partout où elle a imposé son joug – et son proxénétisme (pour cibler la chrétienté) – elle n’a apporté que la douleur et l’obscurantisme. Là où les révolutionnaires voulaient changer le monde, la religion a défraîchi la société et – par ailleurs – l’Homme. En somme, la religion est une nouvelle forme de domination au-delà de l’hégémonie politique des sociétés primitives.

Chapitre III
Les règles sociales

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Au-delà des oppressions politiques (légales) et religieuses, l’Homme a façonné une nouvelle manière de s’enchainer inconsciemment à l’arbre sous lequel il est né.  Au-delà de tout dogme, au-delà de toutes législations, au-delà de tout pouvoir centralisé ; l’Homme a créé la société. Non pas la société dans un sens de groupement d’individus, mais la société morale et éthique. Cette société qui oblige l’Homme à se prosterner devant des règles établies il y a des siècles, et dont la somme intégrale des moutons de Panurge suit de façon niaise et absurde.

L’Homme fait partie du règne animal – il est semblable au loup, à la marmotte, à l’aigle, au moineau, à la fourmi et à l’abeille. Ce qui différencie l’Homme de l’animal, c’est sa pensée. La pensée humaine l’a poussé à évoluer et à s’adapter aux prouesses technologiques dont il était l’instigateur. Cette révolution technologique – présente depuis la préhistoire mais grandement accentuée au 19e siècle – force la politique à s’adapter à cet essor technique. Ainsi, les régimes ; des plus farfelus aux plus accomplis, ont dû laisser place à une théorie absolue : le capitalisme. Aujourd’hui, les politiciens du monde entier – hormis quelques têtes brulées – ne voient pas d’autre impasse au capitalisme. Et pourtant, Marx avait offert au monde sa théorie, basée sur des études poussées en la matière : le marxisme (qui devint par la suite une amalgame entre communisme et socialisme). Mais le communisme, mal géré et non-maîtrisable en société de technocrates, tomba en désuétude.

Revenons donc à aujourd’hui. La société est divisée en trois classes sociales : la bourgeoisie, la classe-moyenne et les nécessiteux. Ajouté à cela, il y a les cerveaux – souvent bourgeois en raison du coût des études et du matériel –, et les travailleurs – généralement pauvres. Plus haut encore, il y a l’instance politique : l’Etat. L’Etat est censé nous représenter – dans la pensée idéaliste de la démocratie. Mais en réalité, il ne fait que de tirer son profit dans les taxes et les complications boursières. Au fait, pourquoi payons-nous des taxes ? Le premier imbécile (ou le premier mouton de Panurge) nous dira que c’est une loi ancestrale : nous payons nos taxes depuis la création du monde. C’est là que nous arrivons aux deux instances supérieures – presque divinatoires, mais extrêmement vicieuses : la religion et les lois sociales.

L’Homme moderne est persuadé que, pour qu’une société survive, il faut : une police, de l’argent, de la démocratie, un écart entre riches et pauvres, et j’en passe. Depuis toujours, l’autorité nous apprend à marcher droit, à respecter autrui, à adorer tel dieu, à pratiquer la démocratie, à laisser sa place dans le bus, à être galant (pour vous messiers), à aimer son mari (pour vous mesdames), … Je ne pourrais énumérer ici la liste incommensurable de règles sociales que l’autorité nous inculque depuis toujours. La preuve – vicieuse et perfide – se trouve dans nos vieux livres d’histoire. Effectivement, nous voyons les révolutionnaires, les ennemis de l’ordre, les anarchistes – qui plus est les antidémocrates –, comme des personnages vils et sans intérêts. Qui a retenu les idées majeures de Robespierre avant son incapacité à gouverner ? Qui a retenu l’idéal de Lénine et de Marx sans faire d’amalgame avec les goulags staliniens ? Qui a retenu le nom de Kropotkine ? Mieux encore, qui peut différencier l’anarchie de l’anomie ? (j’oubliais de dire que les livres d’histoire ne parlent jamais des anarchistes, sauf s’ils ont été crucifiés ou décapités). Cette censure des propos historiques dans notre éducation est créée par une loi sociale qui force tout Homme à respecter l’ordre. Nous sommes dans une tyrannie dissimulée, un régime autoritaire. Ce régime n’est pas contrôlé par un despote, mais par la société elle-même. Comme je me suis déjà expliqué, le système politique n’est que le premier stade de l’asservissement, le second est la religion et le troisième est la société. Nous sommes nous-mêmes les chiens d’une dictature que l’on combat.

Qui a oublié la célèbre phrase : Ni dieux, ni maitres !, scandée par les anarchistes depuis toujours ? Et je ne parle pas de groupes extrémistes, mais de réels penseurs prêts à démanteler l’Etat, les dogmes et les lois sociales pour créer une société parfaite : loin du capitalisme et du communisme.

Chapitre IV
Les lois sociales appliquées : le cas de la police et de la démocratie

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Les lois sociales sont des préjugés définis il y a des siècles par des penseurs. Nous suivons leur pensée car nous ne voyons pas en quoi la société serait stable sans eux. Je pose donc la question suivante : en quoi la police – par exemple – est-elle nécessaire à la société ? Vous, en tant que fidèle mouton de Panurge, vous répondrez : « Car elle protège le citoyen, et donc la société ». Cette réponse est fondamentalement vraie, et justifiée. Mais il est un problème que personne n’a jamais songé à relever : pourquoi le citoyen ne serait-il pas responsable de sa propre sécurité ? Mieux encore : pourquoi la société ne se sécuriserait pas d’elle-même autour d’une valeur universelle : la solidarité ? Cette question n’a jamais été soulevée – sauf par quelques groupuscules d’idéalistes – car elle pose problème dans notre société capitaliste : on ne peut être solidaire. La solidarité n’existe pas car les instances politiques et les religions séparent le peuple en groupes. Le capitalisme ne peut se baser sur la solidarité car il ignore le travailleur et voit l’Homme comme un chiffre dans l’engrenage politique et industriel ; il voit l’Homme comme un bien de consommation.

Enfin vient le problème de la démocratie. Je parle de problème car il fait aussi partie intégrante d’un des nombreux préjugés établis par les lois sociales. Aujourd’hui, qui oserait dire : « Je suis contre la démocratie » ? Ce personnage – bien courageux de prononcer une phrase si ignoble – serait pointé du doigt et lapidé sur la place publique pour ensuite être crucifié. La société moderne – capitaliste – ne tolère pas le fascisme. Or, qui a dit que le fascisme était la seule idéologie qui ne tolérait pas la démocratie ? La démocratie est un système de gouvernement où le pouvoir est exercé par le peuple[1]. Et donc, pour exercer une démocratie, encore faut-il avoir un gouvernement (un Etat central), qui plus est des règles pour le régir. Ces règles édictées ne peuvent qu’entraver automatiquement la liberté des uns. En d’autres termes, la démocratie n’est pas vertueuse car elle entrave la liberté du peuple au travers de règles politiques – si ce n’est religieuses et sociales.

Parlons maintenant de régimes connus n’adoptant pas la démocratie. Marx disait que la démocratie n’est que le stade ultime de jouissance vertueuse après la dictature du prolétariat. Marx avait raison, mais aujourd’hui encore, les pays socialistes attendent cette société communiste basée sur la démocratie. L’Homme semble coincé sur le stade « dictature du prolétariat », oserais-je dire « tyrannie de la bureaucratie » ? Pour exemplifier d’un propos déjà relevé, l’anarchie est contre toute forme de démocratie. L’anarchie n’est pas pour autant un régime autoritaire (contrairement au stalinisme), individualiste, inégalitaire (contrairement au capitalisme) et fasciste. La démocratie a besoin d’un Etat pour fonctionner. Or, l’anarchie bannit tout pouvoir supérieur. Est-elle pour autant non vertueuse ? La démocratie sous-entend l’égalité, mais ne la prône pas – et ne la prône jamais d’ailleurs (il suffit de voir les démocraties établies depuis l’antiquité). Pourtant, l’anarchie défend et soutient l’égalité et la liberté (« Ni dieux, ni maitres »). À comparer, choisiriez-vous un régime qui tend vers des théories qui n’ont jamais fonctionnées et qui ne fonctionneront certainement jamais (démocratie : marxisme, capitalisme) ou plutôt vers une théorie vierge, accomplie et – malheureusement – très méconnue ?

Les règles sociales diront que la démocratie prime car celle-ci est essentielle à la base de nos sociétés. Est-ce pour autant que les règles sociales sont véridiques ?[2]

Chapitre V
Le capitalisme

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Les préjugés des règles sociales sont la corne d’abondance des capitalistes ; ils y voient une bonne manière d’installer leur régime absolutiste. En effet, le capitalisme veut du profit économique – et donc de l’argent. Pour ce profit, il faut la privatisation – c’est-à-dire l’absence d’intervention de l’Etat dans l’économie (la « main invisible »). La privatisation amène la mondialisation et donc le chômage dans les pays industrialisés et riches (les entreprises privées sont tentées d’aller chercher la main d’œuvre et la matière première dans un endroit où elle est moins chère). Il ne faut pas être un génie pour comprendre que le capitalisme est basé sur la richesse d’une bourgeoisie dirigeant les pauvres – esclaves de leurs désirs possessifs.

Le capitalisme est le plus vicieux des régimes ; perfide et enclin à la parcimonie. Le capitalisme rend l’Homme impur, celui-ci se vête d’un châle d’intérêt et de cupidité dès qu’il entend les premiers balbutiements de ce système crasseux et élitiste. Le capitalisme pousse à la croissance, à la technocratie et à l’écart socio-économique entre la bourgeoisie et le prolétariat. Le capitalisme ne veut pas l’égalité car il a besoin de riches – supérieurs – pour survivre. Bien sûr, il va de pair que la bourgeoisie éminente soumette le prolétariat à ses règles, et c’est ainsi que fonctionne la société capitaliste : sur l’asservissement d’une caste à une autre. Ce système fonctionne à la façon d’un dogme : une caste dominée se soumet aux règles d’une supériorité divine. De grands économiques comme Sombart et Weber ont d’ailleurs évoqué la contingence entre capitalisme et religion.

L’inégalité de la société capitaliste pousse l’Homme à se réveiller et faire valoir son esprit laborieux pour faire tomber la société, ancrée dans nos cultures depuis déjà bien longtemps. Les disparités provoquées par ce régime ne peuvent que conduire à une insurrection. Encore faut-il que la pensée humaine se réveille de son lourd sommeil de plomb[3].

Chapitre VI
Le monde animal

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L’Homme fait partie du règne animal – il est semblable à l’abeille, au loup et à la fourmi. Il a su se différencier du règne animal par sa pensée – sa technologie –, et sa perte de solidarité. L’animal est l’être vivant le plus solidaire, que ce soit en société collectiviste,  de meutes ou anomique.

En société collectiviste, l’animal n’est qu’un maillon de la chaine du travail. Il accomplit les tâches édictées par une autorité et vit pour le bien-être de sa société. L’animal collectiviste par excellence est l’abeille. Celle-ci est gouvernée par un pouvoir central, la reine : souveraine des productions et de l’autorité. La reine est l’unique institution gouvernante, elle reproduit à elle-seule la société et garantit la production (en somme, le travail des travailleurs). Les travailleuses sont stériles, et donc inutiles au devenir de la société – si ce n’est qu’à l’extrême croissance de la production. Elles se soumettent à la reine et à la société. Pour elles, travailler est un besoin vital.

La société collectiviste des abeilles est comparable à trois régimes de production humaine : le fascisme, le stalinisme et le capitalisme. Ces trois régimes, extrêmement différents, se rejoignent sur la pensée de l’autorité. Premièrement, le fascisme est un régime totalitaire n’admettant qu’une seule autorité régnante : un tyran, un despote. Deuxièmement, le stalinisme est centraliste, il impose une centralisation des pouvoirs envers une institution choisie : le parti. Enfin, le capitalisme est démocrate, il demande cependant une recherche du profit et une maximisation du capital. Ce régime impose donc la gouvernance d’une caste : la bourgeoisie. Le tyran fasciste, le parti staliniste ou la bourgeoisie dans le système capitaliste sont toutes des formes d’autocrates ayant reçu le pouvoir par le système. Ces sociétés aliénantes ne voient l’Homme que comme un rouage éternellement recyclé : inutile au devenir de la société mais essentiel à la production. C’est ce qui les rapproche de la société collectiviste des abeilles.

En société de meutes, l’animal fait partie d’un groupe, il est solidaire et uni. La meute est dirigée par un mâle alpha, sage et vénéré. Le mâle est fidèle à sa femelle et ne se reproduit qu’en cas de nécessité. Par exemple, il ne prendra par le risque de se reproduire si la nourriture fait défaut. La meute est soudée et pratique presque toutes les actions vitales en groupe. Cependant, le loup doit assouvir ses pulsions agressives envers un semblable, on l’appelle le loup oméga. Ce loup est le bouc-émissaire, il est rejeté et sujet à des agressions fraternelles. Parfois, le loup oméga quitte la meute pour vivre en solitaire.

Aujourd’hui, il n’existe pas de sociétés humaines vivant à la façon du loup. Même si la société chrétienne tourne autour d’un chef désigné : Dieu, ou le Pape, nous ne pouvons qualifier la chrétienté de meute. En effet, celle-ci est soumise à la loi du chef et ne s’allie pas à lui pour contrer aux attaques extérieures. Par contre, la société targuie se rapproche particulièrement des meutes de loup. En effet, les Touareg se caractérisent par leur nomadisme et leur hiérarchisation complexe, très éloignée de nos hiérarchisations occidentales. Quoi qu’il en soit, les sociétés animales de meutes restent très primitives car – malgré leur solidarité – elles n’acceptent ni la différence ni la faiblesse.

Enfin, la société anomique est la société animale sans dirigeants ni règles établies, elle ne tient que face à la solidarité et l’entraide altruiste (raciale ou interraciale). L’anomie se distingue par l’absence de normes et d’organisations stables, la plupart des animaux issus de sociétés anomiques sont solitaires ou en groupes pour des rituels précis. L’exemple le plus concret est l’oiseau. L’oiseau est libre, il vit sa vie de famille et organise son existence selon ses envies et besoins. Il rejoint cependant un groupe lorsqu’il doit immigrer vers des contrées plus clémentes. De plus, malgré la liberté totale et l’isolement de l’oiseau, celui-ci n’hésite pas à appeler des confrères semblables pour partager les quelques miettes de pain trouvées dans un parc. Il ne se délecte pas seul d’un festin surabondant : l’oiseau est solidaire. Cependant, l’oiseau faible n’hésitera pas à s’allier à d’autres animaux faibles pour évincer une menace invincible.

Si l’Homme vivait comme l’oiseau, il n’y aurait plus de problèmes. Chaque être humain serait libre et insoumis. De plus, chaque citoyen de la société pourrait compter sur un semblable en cas de problème. À l’instar de l’oiseau, la vie du citoyen est solitaire mais certains rituels se font en société. Enfin, l’individu ne serait pas intéressé par un plaisir individuel (le festin), mais il le partagerait tout en avertissant les plus faibles. Il n’est pas nécessaire de vous cacher que cette société est la société anarchique. Rarement mise en place, la société anarchique fait peur. Pourquoi ? Car la liberté est un concept réclamé mais repoussant. Le problème est l’éternel amalgame entre anomie et anarchie. L’anomie est animale, elle se caractérise par le manque de règles et de normes – ainsi que de solidarité si elle est utilisée chez l’Homme. L’anomie est la loi de la jungle, du Far-west : du plus fort. Au contraire, l’anarchie est la liberté conditionnée au travers de la solidarité, de l’altruisme, de l’entraide et de l’amour entre les citoyens. « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l’on te fasse », cette maxime est plus que judicieuse : le citoyen ne doit pas faire une action capable de le gêner si elle lui est encourue. Mais en contrepartie, il doit faire ce qu’il aimerait qu’on lui fasse – principalement le bien. Ce précepte lie aussi tous les citoyens de la société entrent eux et les vouent à un avenir solidaire et vertueux.

Conclusion


La lutte finale

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L’Homme est aujourd’hui dans la plus grande phase de son sommeil. Ce qu’il faut, c’est un réveil de sa pensée : une motivation qui le pousse à affirmer sa liberté et surtout sa force sur le système. Il ne faut pas oublier que l’Etat est au service du citoyen, et que la masse unifiée d’un peuple peut faire changer le système en place. Ce que je demande, ce n’est pas l’instauration d’un régime anarchiste, qui – je le sais – ne pourra fonctionner directement après les stigmates que le capitalisme a infligés à notre société. Mais une nouvelle ère capable de diriger les hommes autour de valeurs réelles : la liberté et la vertu.

Il faut que l’Homme se réveille. Il faut que l’Homme boute à terre l’asservissement que le système lui inflige. Aujourd’hui, certains groupes minoritaires tentent de le renverser, mais ils ne sont que des gouttes de démocratie dans cet océan de tyrannie. Ce qu’il fait, c’est une unification des peuples, des sociétés, des nations et – surtout – des religions pour chasser le despotisme, la tyrannie, l’absolutisme, en somme : le capitalisme. Il ne faut pas être un génie pour comprendre que la société arrive à son crépuscule, ce qu’il faut, c’est une renaissance.

Si vous ne voyez pas les problèmes actuels, c’est que vous êtes un aveugle en pleine nuit. Tout d’abord, il y a les banques, le marché, les multinationales, qui dirigent notre société – et nos portefeuilles – d’une main invisible. Nous sommes les pantins du capitalisme, les riches s’enrichissent tandis que les pauvres se paupérisent. Et ceci n’est que le début d’une longue chute de dominos. Premièrement, le rachat des dettes nationales par des nations plus riches (Chine, Brésil, pour ne pas les citer) – ceci est le recommencement d’une ère coloniale, non basée sur le territoire mais sur l’économie. Ensuite, la montée en flèche de la criminalité, qui découle des crises monétaires et de la valeur que l’argent a prise dans nos vies. L’argent est tellement devenu essentiel qu’il faudra bientôt un lingot d’or pour manger et se soigner. Je suis certain que certains êtres humains refusent aujourd’hui de se soigner – crise économique oblige. Bref, je ne citerai pas le nombre de problèmes présents dans cette société d’aliénés. L’Homme, le citoyen, l’individu, l’être humain : toi ! Lecteur ! Vous êtes endormis, réveillez-vous !

Alors aujourd’hui camarades, je vous demande de vous soulever contre le système et crier votre colère au monde entier. Soulevez-vous, détruisez tout et lavez votre terre. Nettoyez le sol par l’incendie. Purifiez la société par le sang des porcs. Tournez la page de cette ère injuste et destructrice. Insurrections. Séditions. Emeutes. Révolution ! Unifiez-vous pour ce combat, pour cette dernière lutte. Pour cette lutte finale ! Sociétés, réveillez-vous !

Appendice

Le fascisme pour une liberté totale

La pensée humaine étant lunatique, il est nécessaire à l’Homme de se réveiller pour bouter les oppressions archaïques. Cependant, dans la société actuelle, les possessions et la montée inéluctable de l’argent en puissance font de l’Homme une loque endormie sur son sort. La race humaine ne se réveillera pas avec le libéralisme car l’oppression capitaliste est dissimulée et – bien sûr – malicieuse. Cependant, le capitalisme mène au fascisme. En effet, la valorisation de l’argent et des possessions mène à un renforcement de la lutte des classes : les riches s’enrichissent et les pauvres se paupérisent. Les riches s’enferment alors derrière leur monde de faste et demandent de plus en plus de sécurité. En contrepartie, les pauvres meurent de faim : les tensions, la violence et l’immigration augmentent. Les riches – soucieux de cette recrudescence de la violence, demandent de la sécurité : ils se tournent vers des idées prônant la confiance envers un leader ou une idéologie : ce sont des partis fascistes. De l’autre côté, les pauvres tombent dans des idées qui leurs permettent d’être entendus et respectés – même si le leader ayant la confiance des pauvres ne change rien à leur environnement : ils seront écoutés et heureux[1]. Ces idées sont très souvent gauchistes.

Les pauvres sont très pauvres, les riches sont très riches, le sentiment de sécurité est en forte baisse et les partis extrémistes montent en flèche : voilà à quoi ressemble l’avant-révolution dans le monde occidental[2]. Cependant, on ne peut réveiller la pensée humaine sans la brusquer. Ce qu’il faut, c’est un élément déclencheur qui pousse l’Homme à se lever et à faire la révolution. Mais contrairement à l’absolutisme qu’avaient les russes en 1917 et les français en 1789, le capitalisme moderne dissimule les oppressions et empêche l’Homme de les voir correctement. Cette dissimulation perverse entraine un refus constant de révolte car – selon le citoyen : la société est démocratique et le monde ne va pas si mal. Ce qu’il faut à l’Homme : c’est une dictature fasciste. En faisant divaguer le système politique vers un système tyrannique et dictatorial, l’Homme va comprendre que sa liberté est conditionnée au travers d’un système pervers et dangereux. C’est avec la dictature fasciste[3] que la pensée humaine se réveillera et que la société pourra bouger vers une ataraxie de bonheur.

Le Morse.

[1] TLF.

[2] Si vous êtes sceptiques, relisez le chapitre IV.

[3] Voir la conclusion.

 


[1] Selon Elton Mayo, pour qu’un ouvrier soit heureux au travail, il faut qu’il se sente écouté. L’individu doit se sentir intéressant, même si l’on ne change rien à son environnement : son bonheur augmentera.

[2] Je parle ici de monde occidental car le monde oriental fonctionne plus sur des dogmes et des croyances : ce qui change le mode de fonctionnement des sujets.

[3] Marx parlait de « dictature du prolétariat » avant de connaître l’ataraxie communiste.

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L’antisémitisme n’est pas mort

Hier, alors que je sortais d’un bâtiment universitaire, un vieillard propre sur lui me demande son chemin. Dans un élan de bonté – et avec grand plaisir –, je lui montre le fameux auditoire qu’il recherche. Nous traversons le dédale presque infini de couloirs nous séparant de notre quête. Était-ce la curiosité ou la politesse qui me fit demander à ce vieillard ce qu’il faisait à cette heure si tardive à l’université, je ne sais pas ! Tant et si bien qu’il me répondit avec sympathie et honnêteté : « Il y a une conférence, et je suis déjà en retard ». Je presse le pas et réengage la conversation en demandant – sans indiscrétions – de quel sujet débattait-on dans cette conférence. Le vieillard regarda sa montre et répondit : « La Palestine ». Soudain, toutes les revues d’actualité s’apparaissent à mes yeux : la demande de reconnaissance de l’État palestinien, les arrogances de Netanyahu ou plus anciennement la flottille pour Gaza. Je ne sais pas pourquoi je lui ai répondu que j’étais juif : par provocation ? Ou plutôt par défi, qu’allait-il répondre à cela ? Rien ! Le néant, il restait pensif et continuait à me suivre. Arrivé à bon port, je lui sers la main et en guise de remerciement il me dit : « C’est parfois la victime qui devient le bourreau ».

Phrase à méditer. Il n’était pas incorrect qu’il me visait. Mais bref, pour analyser cette pensée, il faut d’abord la scinder en deux : les Juifs seraient donc victimes, et bourreaux. Je n’aime pas de rappeler l’éternelle victimisation du peuple juif. Mais elle est maintenant rentrée dans l’Histoire, et comme toutes histoires ; elle est souvent oubliée. Pourquoi le Juif est-il la victime de tous les peuples, de tous les ordres établis ? C’est simple, notre culture, notre façon de vivre, est un exemple de démocratie (comme le disait si bien Herbert Pagani). Nous sommes les premiers à introduire le Shabbat, jour de repos hebdomadaire obligatoire ; imaginez la joie des Pharaons – bâtisseurs de pyramides… Le Judaïsme interdit aussi l’esclavage et le sacrifice ; grandement pratiqué par l’envahisseur romain. Enfin, Dieu ne possède pas la seule vérité, on peut discuter et débattre avec Lui. Nous Lui sommes fidèles, mais insoumis. Chose contraire aux valeurs des papes du Moyen-Âge et leurs inquisiteurs voulant imposer leur dogme fermé et archaïque au monde entier. Depuis bien avant la présupposée naissance de leur pseudo-Christ, l’antisémitisme est ancré dans la culture catholique – oserai-je dire la culture universelle ?

Alors oui monsieur, nous sommes des victimes ! Et ce bien avant les chambres à gaz. Auschwitz n’est que le paroxysme de la haine antisémite. Les déportations romaines, l’exil égyptien, les ghettos, l’inquisition et l’affaire Dreyfus ne sont que des preuves parmi tant d’autres de cet antisémitisme enraciné aujourd’hui dans la culture.  Il est extrêmement triste de dire que nous avons dû attendre l’avènement du Nazisme pour voir la création de notre propre État, promis par Dieu depuis cinq-mille ans et par les puissances internationales depuis mil neuf cent dix-sept ! Mais dans l’immédiat après-guerre ; nous l’avions ! Le cri sioniste : « L’an prochain à Jérusalem ! » était périmé et nous étions dans la ville sainte en chantant l’espoir de Hatikva ! La victime universelle était enfin reconnue.

Mais petit à petit, l’Israël est redevenu le bouc-émissaire du monde. Non dans un sens archaïque, c’est-à-dire des insinuations au complot judéo-maçonnique ou encore le soi-disant assassinat de Jésus-Christ, mais plutôt dans une toute nouvelle forme d’antisémitisme : l’antisionisme.

Camarades humains, antisémites ou non, je voudrais vous dire que le sionisme n’est en rien du racisme ou de la haine ! Non ! C’est un cri d’espoir de tout un peuple pour avoir son État, sa reconnaissance internationale et – surtout – la paix universelle ! Alors ainsi nous sommes des bourreaux ? Laissez-moi rire… Nous imposons notre culture à d’autres peuples soumis ? Non ! J’aimerais d’abord marquer l’impasse entre Israël et le Judaïsme : ce qu’il se passe dans les hautes sphères n’est en aucun cas la voix du peuple hébreu ! Certes, nous supportons Israël car c’est notre seule et unique accroche terrestre dans ce bas monde, mais toutes volontés de Tsahal ne sont pas particulièrement les volontés du peuple juif… Pensez-vous que la religion prônant depuis cinq mille ans la paix et l’égalité voudrait imposer ce qu’elle a vécu toutes ces années à un autre ?

Soit, si nous sommes des bourreaux : montrez-moi où sont les déportations que Tsahal fait subir aux Arabes ? Où sont les ghettos palestiniens ? Les chambres à gaz israéliennes de Tel-Aviv et leurs fours crématoires ? … Vous ne pourriez me les énoncer, car ils n’existent pas ! Jamais Israël n’a fait subir autant de mal que ce qu’elle n’a vécu. Certes, il y a eu des guerres, des batailles et des discussions au sujet de la terre. Mais que pouvons-nous faire avec des sociétés ne voulant vivre côtes à côtes en paix avec des juifs ? Israël est un îlot de démocratie dans un océan de dictatures.

Alors ainsi nous sommes des bourreaux… Dites-moi qui a attaqué Israël le jour de Yom-Kippour ? Jour du pardon et de paix chez les Juifs. Cette attaque infâme n’était en rien la volonté d’Israël. Maintenant, parlez-moi de la flottille pour Gaza ! Cette attaque était légale et totalement méritée. Dans une situation de guerre, il est normal de réprimer les forceurs du blocus… Qu’aurait fait Kennedy si les navires soviétiques avaient forcé le blocus de Cuba ? Qu’aurait fait l’Union soviétique si on avait forcé le blocus de Berlin ? Il est en effet malheureux de voir que des hommes sont morts lors de tous ces conflits, mais la guerre est bel et bien là : il faut traiter avec. La mort de ces hommes fait partie du combat : a-t-on critiqué les belligérants pour le décès des soldats de Stalingrad ? Verdun ? Waterloo ? Marignan ? Hastings ?! Bien sûr, ces exemples sont dénués d’intérêts : les antagonistes n’étaient pas juifs.

Tout ça pour dire que certes, nous avons été les principales victimes des millénaires précédents. Mais en aucun cas nous ne sommes les bourreaux du monde moderne. La paix en Terre-Sainte ne sera réelle que lorsque les dictatures seront tombées pour faire place à des démocraties fraiches et intelligentes – capables de discuter ouvertement avec l’État hébreu. Car, ne l’oublions pas, Ismaël (ancêtres des arabes) et Isaac (ancêtre des Juifs) étaient demi-frères.

Ne m’en voulez pas alors si – comme Gainsbourg – je défends le sable et la terre d’Israël.

Le Morse.

Reconnaissance d’un Etat palestinien : l’avis de la Belgique ?

Révolutions en Israël

Plus de 200.000 personnes dans les rues d’Israël

Hamas-Fatah : vers un accord ? 

Augmentation des impôts en Israël

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Reconnaissance d’un Etat Palestinien : l’avis de la Belgique ?

Les Palestiniens se présenteront le 20 septembre prochain à l’ONU avec l’intention de faire reconnaître leur État, ce qui n’est pas du goût d’Israël et des États-Unis. Aujourd’hui, à quelques jours du vote décisif, l’Europe – et la Belgique – sont toujours très mitigés sur ce sujet.

 

Alors qu’Yves Leterme revient d’un déplacement diplomatique à Jérusalem (Israël) et Ramallah (territoires palestiniens), ce dernier reste toujours mitigé et évasif concernant la reconnaissance d’un État palestinien. A priori, La Belgique serait plutôt en faveur de l’indépendance palestinienne. Cependant, notre royaume cherche souvent à rallier la position européenne et ainsi trouver une position commune. Voilà pourquoi Yves Leterme tempère et déclare qu’il faut plaider pour une solution négociée.

Ceci n’est pas du tout l’avis d’un député CDH (bah tiens !). En effet, Christian Brotcorne pense « qu’il faut poser un geste fort. La reconnaissance de la Palestine et son accession aux Nations Unies ne mettront pas fin au conflit, mais représenteront un acte important en faveur du respect des droits des Palestiniens et du respect du droit international ».

Lors de son voyage en Terre-Sainte, Yves Leterme a soutenu qu’il comprenait l’initiative des Palestiniens, mais sans être plus précis. En contrepartie, les élus fédéraux ne partagent pas cette nonchalance et, ce 14 juillet dernier, ils ont adopté à 43 voix « pour » contre 11 abstentions une invitation au gouvernement belge à reconnaître immédiatement un État palestinien.

Si l’État palestinien est reconnu ce 20 septembre prochain, les frontières dessinées officieusement en 1967 devront être rétablies. Ceci implique une pression considérable pour Obama qui – sous la charge de lobbys pro-Israël – se doit refuser cette demande d’indépendance. Du côté français, Nicolas Sarkozy tente de jouer les « bons offices » en ralliant les Européens indécis pour la cause palestinienne. Le Figaro paraphrase les paroles d’un diplomate anonyme : « Quand les Palestiniens s’apercevront, après le vote, que rien n’a changé, la possibilité d’incidents sera réelle ».

En attendant Godot, la tension est palpable quand on évoque l’hypothétique indépendance de la Palestine. D’autant plus que le pays est originellement instable en raison des conflits opposant le Hamas au Fatah. Alors oui, un état palestinien c’est bien, pour autant que cela n’enflamme pas le monde arabe de nouvelles tensions, islamistes ou non.


Le Morse.

 

Des manifestations en Israël

Le Hamas et le Fatah vers une réconciliation

Flagman Vs Israël

Israël refuse de s’excuser à la Turquie

Netanyahu jette de l’huile sur le feu

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Une aire de jeux pour adultes chez Ikéa !

Nombreux sont nos souvenirs d’enfance dans les aires de jeux de chez Ikea. On se rappelle tous de notre maman qui nous envoyait jouer avec des inconnus, bien heureux de profiter du bain à boules, de toboggans, de tuyaux-couloirs que l’on arpentait à quatre pattes et de jeux en tous genres. Dans le jargon nordico-conceptuel d’Ikea, ces zones réservées aux enfants de 4 à 7 ans s’appellent : Smäland.

Aujourd’hui adultes, les hommes de la génération Smäland sont parfois nostalgiques de voir leurs propres enfants s’amuser comme des dingues dans une piscine à boules. En effet, quand on peut choisir entre faire d’ennuyantes courses ou se dévergonder dans une aire de jeu pareille à Smäland, il n’y a pas besoin de réfléchir : direction tête la première dans la piscine à boules !!! Et c’est parti pour un massage relaxant dans les boules de couleurs, puis une partie de cache-cache dans le même bain, ensuite on court vers les modules de jeu qui – malheureusement – ne sont plus adaptés à notre taille. Inconsolable, le mari obéissant est donc forcé à revenir faire les courses auprès de sa bien-aimée. Et là débute un enfer sans nom : il faut acheter une nouvelle chaise de bureau. On regarde alors le plan du magasin et on élabore son petit parcours. Il faut savoir qu’Ikea est un concept vicieux qui a mis au point un algorithme comme quoi chaque client est obligé de passer par tous les rayons du magasin. Pour avoir cette chaise de bureau, il faut d’abord passer par le rayon cuisine, salle de bain, literie, enfants et enfin nous arrivons au rayon « bureaux ». Après cette longue randonnée, nous notons le nom imprononçable de notre chaise de bureau, je cite : modèle Anders Breivik, et nous dirigeons vers la caisse. Hé ! Mais on est au centre du magasin. Nous voilà pris au piège par Ikea. Et là recommence notre ultime quête : trouver la caisse, aller chercher cette foutue chaise au dépôt et enfin – repos du guerrier – boire un café à la cafeteria.

Mais tout ceci – messieurs – est terminé ! Eh oui ! Ikea lance sa « crèche pour adultes », baptisée : Mänland. Cet endroit comporte des jeux adaptés pour l’adulte masculin : flipper, baby-foot, télévisions, et cafétérias approvisionnées en hot-dogs et bières sans alcool. Ce concept de garderie pour adultes a été testé pendant quatre jours dans tous les Ikea d’Australie, et selon la firme, les résultats sont satisfaisants. Face à ces conclusions positives, Ikea envisage d’installer des garderies semblables à toute la chaîne.

Ces résultats – évidemment superficiels – plairont-ils à la gente féminine ? Jusqu’à maintenant, ils démontrent scientifiquement le dégoût génétique et héréditaire que tous les hommes ont envers le shopping. Qu’en pensent les féministes engagées ?

Le Morse.

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La crise somalienne aurait pu être évitée ?

Il y a peu, le site Wikileaks mettait en ligne plus de 250.000 câbles diplomatiques de 1966 à aujourd’hui. Depuis la création du site, cette fuite est de loin la plus massive, grâce à cela, de nombreux secrets et rumeurs sont maintenant appuyés. La critique populaire est vive à l’égard de Wikileaks, car les câbles mis en ligne peuvent nuire à la confidentialité de personnes sources étant citées. Heureusement, le site a quand même gardé secrètes certaines parties de câbles – notamment ceux traitant de pays enclins à la dictature.

Pour ma part, c’est le câble 85MOGADISHU1242 qui m’interpelle le plus en ce moment. Celui-ci évoque des rumeurs qui relatant la fin prématurée du dictateur somalien : le général Siad Barré.

Ce dernier prend le pouvoir par un coup d’État en 1969. Il instaure un régime socialiste et aimerait unifier le nord – actuel Somaliland, le sud, et les colonies françaises – revendiqué par les Somaliens, l’actuel Djibouti. Mais les conquêtes militaires de Barré sont un fiasco, et le pays sombre dans une crise sans précédent. Pour garder le pouvoir, Barré durcit son régime, ce qui fait éclater de nombreuses émeutes en Somalie. Le général tombe après une lourde insurrection en 1991, il tentera de reprendre le pouvoir l’année d’après, en vain. Cette guerre civile est certainement le premier pas vers la crise actuelle en Somalie… Ce n’est qu’en 1992 que l’ONU décide – enfin – d’intervenir en Somalie, mais il est déjà trop tard et l’anomie a pris le dessus.

Le 2 février 1985, l’ambassade américaine de Mogadiscio envoie à Washington un câble diplomatique concernant le dictateur Siad Barré – il est classé « SECRET ». Ce câble explique qu’une rumeur circule sur l’état de santé du dictateur, et que ce dernier devrait s’absenter pour une période de 8 à 9 mois. La source est protégée et le câble ne la mentionne pas, il mentionne cependant le remplacement de Barré par Samantar, vice premier ministre de la Somalie en 1985. Le document conclut que Siad Barré devient vieux et réfléchit à la postérité, mais il est resté encore dubitatif à quitter le pays.

En somme, le président américain du moment – Ronald Reagan – reçoit une dépêche disant que le dictateur somalien est sur le point de quitter le pays. Diplomatiquement, cette info – même infondée – est essentielle, car elle sous-entend que Barré est mal en point. En d’autres mots : son régime vacille. Mais remettons les pendules à l’heure : nous sommes en 1985, le mur de Berlin tombe dans 4 ans et les insurrections anti-Barré somaliennes arrivent en 1991. Glissons-nous dans la tête de Reagan, conservateur, anticommuniste et impérialiste américain : il reçoit une dépêche concernant le chancellement probable d’une dictature socialiste – la Somalie, stratégiquement riche. En effet, la Somalie est intéressante d’un point de vue géostratégique : elle permet le contrôle du golfe d’Aden et du passage commercial de la mer Rouge. Reagan reçoit donc ce câble diplomatique et ne réagit pas. Rien, le néant total. Peut-être ne voulait-il pas réactiver les vieilles tensions américano-soviétiques ? La même année, Gorbatchev est censé remonter l’économie soviétique, il lance la perestroïka. Gorby est certainement bien plus occupé par les affaires intérieures de son empire que de la potentielle maladie d’un dictateur socialiste. En attendant, Reagan n’agit pas, Gorby est surmené et Barré reste au pouvoir. Ce dernier continue d’exaspérer le peuple somalien, résultat des courses : émeutes, révolutions et massacres suivront quelques années plus tard (en 1991). L’anomie a pris le dessus et aujourd’hui la Somalie vit de manière tribale, presque sauvage.

Portrait de Siad Barré

Aujourd’hui, je ne comprends toujours pas pourquoi les États-Unis n’ont rien fait pour sauver le peuple somalien du despotisme de Barré. Mais évidemment, en 1985, la Somalie ne plait plus : la crise, la famine et les conflits tribaux sont des entraves à l’économie – et donc à l’impérialisme américain. Le grand pays démocratique a donc préféré ignorer cette dépêche, car – pour les États-Unis – la démocratie ne s’instaure que dans un pays potentiellement riche. Bien sûr, les défenseurs d’une démocratie universelle occidentale et – bien sûr – Américaine diront que cette dépêche n’était qu’une rumeur infondée. Certes, mais en diplomatie, ce ne sont que des rumeurs infondées qui sont analysées. Comment être certain à 100% de choses qui se passent à l’autre bout de la planète ? D’autant plus que nous sommes en 1985, pas de Twitter, pas de Facebook ; les informations passent moins vite.

Je suis curieux et avide : affamé de réponses concernant ce pays qui vit aujourd’hui une crise de famine sans précédent. Que faisaient les États-Unis ? Pourquoi sont-ils venus en 1992 alors qu’ils savaient pertinemment bien en 1985 que Barré allait tomber ? Pourquoi George Bush sr. (Président en 1992) s’intéresse-t-il à la Somalie alors que son confrère républicain Ronald Reagan (président en 1985) ne s’y intéresse pas ? Que faisait l’U.R.S.S. ? N’avaient-ils pas d’ambassade à Mogadiscio ? N’avaient-ils pas eu vent de la potentielle chute de Barré ? …

Bravo messieurs les diplomates, merci Wikileaks.

Le Morse.

Dossier complet sur la Somalie. 

 

[Article partiellement paru dans le Poiscaille n°14]

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Bonne rentrée 2011 !

A l’heure de la rentrée des classes, de nombreux élèves ont décidé de faire l’école buissonnière. Que ce soit Joëlle Milquet, Mouammar Kadhafi, DSK, ou Barrack Obama : tous jouent la carte des abonnés absents. L’un joue à cache-cache en terres inconnues, les deux autres aux docteurs et le dernier a disparu de la surface terrestre.

Par contre, il y a ceux qui sont bien là ! Les éternelles grandes-gueules, assises au premier rang, prêts à lécher de leur langue de bois le cul de l’institutrice. Olivier Maingain taquine et ironise sur la capacité intellectuelle de ses amis, Julian Assange ressort les incommodantes archives de la guerre froide et Tristane Banon revernis ses ongles de mains à côté de son avocat excité.

Ensuite, il y a ceux qui voulaient venir, mais qui ne pouvaient pas pour raisons médicales : Michel Daerden, grand absent de cette rentrée 2011, est cloué au lit à cause d’une vilaine cirrhose et Sylvio Berlusconi a eu une indigestion en mangeant un spaghetti dans un restaurant italien de « merde ».

Après « ceux qui voulaient venir, mais qui ne pouvaient pas », voici « ceux qui ne voulaient pas venir, mais qui devaient » : Bart de Wever, qui critique déjà le drapeau belge placardé au-dessus du tableau et Nicolas Sarkozy, arborant sa magnifique farde verte où l’on peut lire : « Love Kadhafi » barré et remplacé par : « love CNT ». Ces deux mauvais élèves – assis comme des racailles au dernier banc – critiquent déjà l’arrivée d’un nouvel étudiant serbe au cours « d’histoire européenne ». Ce dernier a d’ailleurs demandé si l’on ne pouvait pas intégrer des étudiants iraniens et coréens du nord, après tout, après un serbe, pourquoi pas ? Les élèves sont prêts à avoir leurs premiers cours, et c’est avec l’altruiste Anders Breivik qu’ils auront « défense contre les forces du mal ». Ils analyseront son manifeste personnel et esquinteront les méchants Arabes gauchistes moldus en usant de magie noire. Et de la magie noire, certains en auront amplement besoin pour laver leur honneur personnel, d’autres pour former un gouvernement…

 

Le Morse.

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